Les procès de Dieudonné

Dernière mise à jour : mardi 3 décembre 2013, 23 h 58.

 

      L’un des arguments utilisés par Dieudonné et par les dieudomaniaques pour montrer que, malgré de supposées pressions, la justice ne veut pas reconnaître chez lui de l’antisémitisme et plus largement des fautes, est, en trois temps, celui-ci :

      1/ Dieudonné a été relaxé par les tribunaux plus de vingt fois (variante : a gagné plus de vingt procès), puis a perdu deux (ou trois) fois ;

      2/ il a donc été blanchi et n’a pas été reconnu antisémite, alors qu’on brandissait de fausses accusations contre lui ;

      3/ c’est uniquement l’acharnement des associations juives, méchamment procédurières, qui est parvenu à l’épuiser et à le faire condamner.

      Il est important de revenir aux faits et de répondre, point par point, à ce raisonnement fallacieux qui permet à son utilisateur d’inverser les rôles accusé-accusateur et victime-malfaiteur et d’enchaîner sur une argumentation calomnieuse et des injures gratuites.

 

      1/ Dieudonné a en effet gagné de nombreux procès, notamment a été relaxé lors de procès intentés contre lui, mais lesquels exactement ? Certainement pas uniquement des actions engagées par des associations juives ! Un journaliste du quotidien algérien El Watan signale «22 relaxations [sic], zéro condamnation» lors d’une interview le 4 juin 2007 (1) : il évoque ainsi, sans les énumérer (il ne le peut probablement pas), l’ensemble des procès qui ont jalonné la carrière parfois mouvementée de l’humoriste, qui jugeait sans trop s’en inquiéter que des «moments de polémiques» surviennent dans le «parcours normal d’une vie». Varions les exemples : l’Agrif, une association de lutte contre le racisme anti-blanc, proche de l’extrême droite et des milieux catholiques traditionalistes, poursuivit Dieudonné pour diffamation raciale et religieuse (condamné en première instance, il fut relaxé en appel) (2) ; le parquet de Paris le poursuivit en vain pour apologie du terrorisme (en raison de ses propos fameux sur Ben Laden dans le magazine L’Écho des Savanes) (3) ; l’animateur Arthur et le chanteur Patrick Bruel intentèrent des procès en diffamation, qu’ils gagnèrent définitivement après cette interview de juin 2007, quoique, en ce qui concerne Arthur, on puisse considérer que la condamnation définitive date de juin 2006 (première instance), Dieudonné ayant renoncé à faire appel en septembre 2007 (4). Notons que Dieudonné laisse entendre qu’il n’attaque que pour rendre un coup : «Arthur m’a insulté, moi aussi j’attaque», dit-il au journaliste, rappelant ainsi qu’il a porté plainte contre l’animateur pour injure publique. Il oublie que leur combat judiciaire commença après qu’il eut, entre autres, accusé sans preuve Arthur de «financer de manière très active l’armée israélienne qui n’hésite pas à tuer des enfants palestiniens», erreur (ou fantasme, ou mensonge) qui nuira beaucoup à ce dernier.

      Mais les associations antiracistes et les associations juives sont aussi de la partie, notamment la LICRA, l’UEJF et le Consistoire. Les événements et les procès qui font suite au fameux sketch controversé de Dieudonné en décembre 2003 sur le plateau de l’émission On ne peut pas plaire à tout le monde sont très médiatisés (5). La relaxe de l’humoriste en première instance est confirmée en appel. Il faut signaler une autre affaire quelque peu occultée par cette polémique médiatique accrue. En janvier 2002, dans une interview pour le magazine Lyon Capitale, Dieudonné déclarait :

      « Le racisme a été inventé par Abraham. “Le peuple élu”, c’est le début du racisme. Les musulmans aujourd’hui renvoient la réponse du berger à la bergère. Juifs et musulmans pour moi, ça n’existe pas. Donc antisémite n’existe pas parce que juif n’existe pas. Ce sont deux notions aussi stupides l’une que l’autre. Personne n’est juif ou alors tout le monde. Je ne comprends rien à cette histoire. Pour moi, les juifs, c’est une secte, une escroquerie. C’est une des plus graves parce que c’est la première. Certains musulmans prennent la même voie en ranimant des concepts comme “la guerre sainte”. »

      On a le droit, en France, de critiquer le judaïsme ou une autre religion, mais pas d’injurier un groupe de personnes en raison de son origine. Le procès s’éternise : première instance (et relaxe de Dieudonné), appel, pourvoi en cassation, renvoi en appel. Un deuxième pourvoi aboutit à l’annulation de la relaxe en février 2007 : l’expression «les juifs, c’est une secte, une escroquerie. C’est une des plus graves parce que c’est la première» constituerait une injure visant un groupe de personnes en raison de sa religion (6). Bien sûr, Dieudonné n’en parle pas au journaliste d’El Watan, en tout cas dans l’interview présentée par le quotidien. Il n’insiste pas non plus sur d’autres procès qu’il est alors en train de perdre : il a fait appel de deux condamnations et peut s’attendre à au moins une condamnation définitive (ce sera chose faite quelques mois plus tard).

      Zéro condamnation définitive à la date de juin 2007 ? Eh bien, non ! En 2008, Le Figaro nous rappelait un petit jugement que Dieudonné lui-même évoquait encore quelques années auparavant (7) : il fut condamné en juin 2000 pour avoir notamment traité publiquement l’animateur Patrick Sébastien de «con» (8). Insignifiant, penserions-nous ? Mais les vingt-deux relaxes sont-elles toutes significatives ? Les pro-Dieudonné n’ont pas la liste de ces relaxes, et s’ils l’avaient ils ne la donneraient probablement pas puisqu’elle affaiblirait leur argument en trois points précité : on constaterait parfois des procès sans importance, ou bien des procédures irrégulières, ou bien aucun rapport avec l’antisémitisme (la principale accusation portée contre Dieudonné). En outre, ce nombre 22 donné par le journaliste est douteux. Une exagération ?

      Dieudonné nous fournissait une partie de l’explication en 2004 en évaluant ainsi le nombre des procès intentés contre lui jusqu’à la date de son entretien avec Olivier Mukuna : «Entre une dizaine et une quinzaine, en comptant les appels, depuis le début des années 1990. Oui, je me suis déplacé une bonne quinzaine de fois devant un tribunal.» (7) Le 25 novembre de cette année 2004, dans une interview accordée à la militante pro-palestinienne Silvia Cattori, il parlait seulement de «17 procès» avant de fustiger les associations juives. Le 12 mai 2005, il confiait à la même Silvia Cattori : «Je suis tombé sur un filon. Dix-huit procès en un an, c’est exceptionnel.» En un an, c’est peut-être exceptionnel, mais c’est surtout faux. Allons ! Il voulait probablement dire qu’en un an, la fréquence de ses procès avait augmenté grâce… aux «organisations juives sionistes», qu’il a maintenant tendance à voir derrière chacun de ses malheurs, y compris les plus anciens ! N’oublions pas qu’il s’agit pour lui d’une «mafia» très puissante… Nous y voyons plus clair : alors que, dans cet article, j’entends par “procès” l’ensemble des instances nécessaires à l’obtention d’une solution à un litige donné, autrement dit d’une décision judiciaire définitive, Dieudonné entend une simple visite au tribunal pour une première instance ou bien pour un appel. Et quelques visites au tribunal plus tard, le journaliste d’El Watan, peut-être renseigné par Dieudonné lui-même, poursuit le compte : les «22 relaxations» ne sont pas toutes, loin de là, des relaxes définitives.

      Les mois passent et désormais les condamnations s’accumulent. Dans ses spectacles ou lors d’interviews, l’habile comédien se sert de son dénombrement magique, symbole de son innocence et du lynchage des impitoyables «sionistes». Par exemple, le 4 mai 2009, Jean-Jacques Bourdin l’interroge sur RMC :

« Vous avez été condamné pour antisémitisme, Dieudonné… pour des propos antisémites.
— Oui… Vous en connaissez des gens, y en a plein autour de vous, des collègues à vous qui sont condamnés. Je pense à Arthur, je pense à Marc-Olivier Fogiel, qui sont condamnés aussi. On leur rappelle pas en permanence une condamnation. J’ai été relaxé plus de vingt fois… Enfin, bon… On va dire que ça fait partie de mon curriculum maintenant. »

      Soulignons la malhonnêteté de la réponse. Bourdin ne pensait pas aux condamnations de Dieudonné dans les affaires Arthur et Bruel et ne les évoquait pas ; il faisait juste référence aux deux graves condamnations retenues par les médias à l’époque, pour incitation à la haine raciale (dans l’affaire des propos sur les «négriers» juifs) et diffamation publique à caractère racial (dans l’affaire des propos sur la «pornographie mémorielle») (9). Précisons que sa question, replacée dans son contexte (Dieudonné se défendait d’être antisémite), est tout à fait opportune. Pas très content qu’on lui rappelle son «curriculum», notre pseudo-victime du lynchage médiatique fait diversion grâce à une évidence magnifique : il n’est pas le seul à être condamné ! Sans surprise, il cite Arthur et Fogiel, dont il a obtenu les condamnations, avant de remarquer que «on» (c’est-à-dire un journaliste quelconque, quand il les interroge) n’en fait pas une fixation. Enfin, en évoquant «plus de vingt» relaxes, il laisse entendre que trop peu de médias s’en soucient. Il fallait oser la comparaison : d’un côté, deux condamnations de Dieudonné très précises, qui concluent deux procès distincts (on compte pour une seule condamnation une condamnation en première instance confirmée en appel), pour des propos qui appartiennent à un discours antisémite devenu récurrent ; de l’autre côté, plus de vingt relaxes (on ne sait plus combien !), définitives ou non, obtenues durant des années dans des procès divers et variés intentés par le Parquet, par des particuliers ou par des associations, parfois sans aucun lien avec l’antisémitisme dont il est question dans l’interview.

      Dieudonné laisse dans l’esprit de ses fans ce rapport de 2 à 20, inconsistant et trompeur, et l’idée que lui, qui ne peut plus s’empêcher de provoquer, voire de tenir des propos injurieux et haineux, est en fait la victime d’un acharnement des médias et des associations juives qui est d’abord quelque chose comme «le chantage à l’antisémitisme». Pourtant, en 2010, il peut, une fois n’est pas coutume, remercier la crédulité et la négligence des journalistes. En effet, dans le livre Peut-on tout dire ? (10) il ose répondre à Philippe Gavi et à Robert Ménard : «J’ai été cité vingt-deux fois devant les tribunaux sur les accusations d’antisémitisme et d’incitation à la haine, j’ai toujours été relaxé. Je n’ai été condamné que deux fois, pour d’autres chefs d’accusation.» Là, une note des auteurs précise simplement «pour diffamation» ! Et Dieudonné poursuit : «Les associations se sont acharnées sur moi : le CRIF, la LICRA, l’UEJF. [...] Qu’importe le verdict des juges quand la rumeur se répand, indélébile : Dieudonné est antisémite ! Que voulez-vous que j’en conclue sinon que l’antisémitisme est instrumentalisé ?» Quel toupet, n’est-ce pas ? Le mensonge est plus audacieux que jamais puisqu’il consiste à suggérer que, malgré de très nombreux procès, seules deux condamnations tombèrent et aucune “pour antisémitisme”, et il est aussi contagieux : il est notamment repris par Frédéric Taddeï le 8 mars 2010 sur France 3 au début de l’émission Ce soir (ou jamais !) lorsque l’animateur présente ses invités ! Notons que Dieudonné s’en prend tranquillement au CRIF comme s’il s’agissait d’un adversaire récurrent comme le sont l’UEJF et la LICRA. Ceux qui l’accusent (et le font aussi condamner) deviennent coupables de répandre d’ignobles rumeurs. Inversion des rôles. Nous verrons ailleurs que le bonimenteur ne s’arrêtera pas là, ira loin dans l’infamie, attendant tout de même d’être hors des rares plateaux de télévision où il est encore admis pour faire la petite promotion de ses activités.

 

      2/ D’imprécision en erreur grossière, de fuite du réel en complet fantasme, s’élabore progressivement la tromperie des dieudomaniaques : dans son combat pour la justice, leur héros a gagné au moins dix fois plus qu’il n’a perdu, il est le grand vainqueur du match, il écrase ses adversaires, mais c’est lui qui doit payer à la fin…

      Chaque procès lié à l’antisémitisme que Dieudonné remporte infirme-t-il l’hypothèse de son antisémitisme ? Bien sûr que non, puisqu’on ne juge pas toutes les pensées antisémites que Dieudonné a ou qu’on lui prête, on ne déclare pas dans un verdict final : «Monsieur, vous n’êtes pas antisémite.» Une accusation vise des actes ou des propos publics très précis et les chefs d’accusation (diffamation, incitation à la haine raciale, etc.) sont eux aussi bien définis ; par suite, une relaxe (ou une condamnation) a une portée précise. Par exemple, après que des associations eurent critiqué le sketch de l’émission On ne peut pas plaire à tout le monde et porté plainte pour diffamation raciale (c’est leur droit le plus strict), la relaxe conclut un procès où l’accusé, son avocat ainsi que des témoins réussirent à montrer que ce sketch-là ne calomniait pas, n’offensait pas la communauté juive. Des personnes présentes au tribunal savaient peut-être ce que Dieudonné répétait en spectacle et en interview à propos des «négriers» et en concluaient peut-être qu’il est judéophobe, mais peu importe ! Une prestation télévisée était la cible des plaignants, le tribunal se prononça sur elle seule. Ajoutons qu’une relaxe ne valide pas, n’homologue pas les actes ou les propos incriminés : acquitter Dieudonné n’est pas estimer qu’il a raison.

      Nous pourrions considérer aussi que, contrairement à une condamnation, une relaxe a moins de conséquences et peu de signification : comme si rien ne s’était passé, l’accusé se retrouve finalement dans la même situation qu’avant le procès, et les plaignants ne sont pas condamnés pour fausse accusation mais, en général, seulement déboutés. Évidemment, les pro-Dieudonné n’envisagent pas les choses de cette façon, et plus encore, certains encensent les décisions de justice favorables à leur héros et tiennent pour grotesques ou non avenues les autres décisions, n’hésitant pas à refaire les procès à leur sauce et, si nécessaire, à se substituer à une justice qu’ils imaginent influencée ou truquée par les méchants «sionistes» ! La justice des hommes n’est pas parfaite, même en République, et les associations et autres plaignants ne sont pas non plus irréprochables, bien sûr ; mais apparemment ce ne sont pas ces pseudo-antisionistes qui sauront les critiquer honnêtement…

 

      3/ Nous avons déjà dit qu’il n’y avait pas que des associations juives qui poursuivaient Dieudonné en justice. Il est vrai cependant que celui-ci a souvent perdu des procès liés à l’antisémitisme. Si nous laissons de côté l’action engagée il y a longtemps par Patrick Sébastien et un défaut de permis de conduire en 2008, nous trouvons encore huit condamnations au moins :

    - diffamation d’Arthur (juin 2006 pour la condamnation en première instance, septembre 2007 pour la renonciation de Dieudonné à faire appel)
    - incitation à la haine raciale dans l’affaire des propos sur les juifs «négriers» (condamnation définitive en novembre 2007)
    - diffamation publique à caractère racial dans l’affaire des propos sur la «pornographie mémorielle» (juin 2008)
    - diffamation de Patrick Bruel (février 2009, au Québec)
    - diffamation d’Élisabeth Schemla, ex-directrice de publication du défunt site internet Proche-orient.info (mars 2009)
    - diffamation de la LICRA (décembre 2010) (11)
    - injures antisémites dans l’affaire du prix remis sur scène au négationniste Faurisson (mars 2011) (12)
    - diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination raciale dans l’affaire des vidéos antisémites et de la chanson «Shoah Nanas» (novembre 2013) (13)

      Il faut ajouter à cela la cassation, en février 2007, de la relaxe dans l’affaire des propos sur «les juifs, une secte, une escroquerie». Dieudonné perd parfois les procès qu’il intente : contre la journaliste Anne-Sophie Mercier en octobre 2007, contre le député Julien Dray en juin 2008 (8). Ces jugements montrent qu’il ne peut plus aisément obtenir la condamnation de personnalités qui, selon lui, l’outragent en laissant entendre qu’il est antisémite : sa judéophobie est aujourd’hui mise en évidence dans de nombreuses analyses pertinentes, si bien que même un franc et direct «Dieudonné M’bala M’bala est antisémite» ne peut plus constituer une diffamation aux yeux de la justice, en tout cas tant que l’individu persiste dans ses égarements.

      Ces dernières années, Dieudonné, dont certains spectacles ont été interdits, qui a été agressé verbalement et même physiquement (par des extrémistes juifs en colère), ne s’est pas contenté de porter plainte et de demander à des personnes précises des réparations (d’ailleurs souvent obtenues) : il a aussi et de plus en plus fait étalage de préjugés paranoïaques antijuifs (5). Compte tenu de cette quantité, l’«acharnement» des associations, qu’elles soient juives ou pas, n’est pas du tout manifeste. Bien plutôt, c’est dans le respect du droit qu’elles ont demandé des sanctions proportionnées contre ce qu’elles avaient de bonnes raisons de considérer comme d’inadmissibles injures publiques qui pouvaient faire désordre en incitant à la haine raciale. Quant à Arthur, Bruel et Schemla, ils se sont défendus contre de violentes diffamations, on ne peut pas leur reprocher d’avoir eu recours à la justice. Mais les dieudomaniaques sont capables de tous les amalgames : en confondant les associations avec les agresseurs, les diffamations et injures antisémites publiques avec de justes représailles, les amendes et les dommages-intérêts avec des coups rageurs et des spoliations de biens, ils construisent une version corrompue des faits. Ne parlons même pas de leur tendance à voir des Juifs communautaires dans la plupart des associations antiracistes, des médias, des partis politiques, alors que ce sont des représentants de la communauté nationale qui aujourd’hui poursuivent Dieudonné. Heureusement, juifs ou non, les gens de bon sens n’acceptent pas les hystériques discours de haine, quelle que soit la cible de cette haine.

      Dieudonné a été condamné tant de fois qu’il n’a pas intérêt à s’en vanter, d’autant plus que les attendus qui précèdent la sentence finale sont souvent éloquents et accablants (14) ; d’autant plus aussi que, lors de quelques procès, ses soutiens les plus fanatisés (divers extrémistes qui n’ont rien à voir avec les personnes de bonne foi qui acceptaient encore de le défendre avant 2007) se sont montrés bruyants et même insultants envers les magistrats et les parties civiles (15). Il semble ne tirer aucune leçon de ses déboires, rechigne à payer ses amendes et même, loin d’être épuisé, vilipende dans plusieurs vidéos diffusées sur Internet, au milieu de délires ouvertement antisémites, certaines décisions de justice autant que les associations qui l’attaquent.

 

      Notes et références :

(1)  http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=69540 ; l’article est également reproduit sur le site lesogres.info.

(2)  Décision de la Cour de cassation du 25 mars 2003 rejetant le pourvoi de l’Agrif et reprenant les motifs de la relaxe prononcée par la cour d’appel : http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?idTexte=JURITEXT000007613516

(3)  http://www.liberation.fr/societe/0101491071-dieudonne-encore-relaxe

(4)  Le Monde du 13 juin 2006 nous informe que Dieudonné fut condamné à 3000 euros d’amende, 1500 euros de dommages-intérêts, 3000 euros au titre des frais de justice pour avoir diffamé Arthur. L’article apporte cette précision :
      « Dieudonné évoquait l’action d’un lobby juif à la tête des médias qui risquait de lui fermer les portes des plateaux de télévision. En affirmant ainsi qu’Arthur pouvait être soupçonné de faire “prévaloir ses solidarités confessionnelles sur toute autre considération professionnelle ou artistique, en abusant du pouvoir qui serait celui du lobby [...] entendu au sens de groupe de pression occulte et illégitime”, Dieudonné a porté atteinte à son honneur et à sa considération en raison de son appartenance à la religion juive, a considéré le tribunal. »
      Le 19 septembre 2007, Dieudonné renonçait à faire appel (http://www.ladepeche.fr/article/2007/09/19/17381-Dieudonne-renonce-a-faire-appel-de-sa-condamnation-pour-diffamation-envers-Arthur.html). Ce n’est qu’en 2009 qu’Arthur est condamné définitivement pour avoir traité Dieudonné de «dernière des pourritures» dont «même le Front national ne veut pas» (http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/04/30/arthur-condamne-en-appel-pour-injure-publique-envers-dieudonne_1187619_3224.html).
      En ce qui concerne Patrick Bruel, voir http://www.cyberpresse.ca/arts/200902/27/01-831984-dieudonne-condamne-a-payer-75-000-a-patrick-bruel.php

(5)  Au moins un article de ce blog sera consacré à tous ces événements.

(6)  http://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/assemblee_pleniere_22/arret_no_9911.html

(7)  Olivier Mukuna, Dieudonné : Entretien à cœur ouvert, éditions EPO, 2004, page 34.

(8)  http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/06/26/01016-20080626ARTFIG00373-dieudonne-star-de-la-semaine-judiciaire.php

(9)  http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20071115.OBS5000/dieudonne-condamne-en-appel-a-5-000-euros-d-amende.html ; http://afp.google.com/article/ALeqM5hnk4Q1vDcwMxv6FMmqPqizZ2zFbg

(10)  Bruno Gaccio, Dieudonné M’bala M’bala, Peut-on tout dire ?, entretiens réalisés par Philippe Gavi et Robert Ménard, éditions Mordicus, 2010, page 72.

(11)  Sur ces deux dernières condamnations : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/dieudonne-condamne-pour-diffamation_749653.html ; http://www.lunion.presse.fr/article/region/dieudonne-encore-condamne-pour-diffamation

(12)  http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/27/dieudonne-condamne-a-10-000-euros-d-amende-pour-injures-antisemites_1259460_3224.html ; http://www.lexpress.fr/actualites/1/styles/dieudonne-condamne-en-appel-pour-un-spectacle-avec-le-negationniste-faurisson_973427.html

(13) Un pourvoi en cassation est encore possible pour Dieudonné, mais en toute probabilité il ne changerait rien : http://www.liberation.fr/societe/2013/11/28/shoah-nanas-dieudonne-condamne-a-28-000-euros-d-amende-en-appel_962684

(14)  À titre d’exemple : http://www.licra.org/lactualite/communiques-de-presse/1027-dieudonne-antisemite–cest-confirme (ou http://wikiwix.com/cache/?url=http://www.licra.org/index.php?section=detail%26start=0%26id=841&title=%C2%AB%C2%A0Dieudonn%C3%A9%20antis%C3%A9mite%C2%A0%3A%20c%E2%80%99est%20confirm%C3%A9%C2%A0%C2%BB)

(15)  À titre d’exemple : http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article444

 

< RETOUR AU MENU >

Publié dans : Non classé |le 3 octobre, 2010 |4 Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

4 Commentaires Commenter.

  1. le 31 juillet, 2011 à 14:50 enumbbobcrurb écrit:

    Merci d’avoir un blog interessant

  2. le 29 août, 2013 à 20:42 Julien B écrit:

    Article intéressant. Notamment au sujet de l’utilisation par Dieudonné de procédés mensongés (nombre de procés gagnés/perdus)quand les arguments pour se défendre d’avoir eu des paroles jugées antisémites lui font défault. Je suis pour la liberté d’expression. Il me semble que nous pouvons encore faire confiance en la république française pour laisser aux citoyens le droit d’exprimer leurs idées. Je regrette seulement que la plupart de mes concitoyens se contentent de la télévision ou de ce que j’appellerais « la politique du spectacle » pour se forger une pseudo-opinion sur des sujets aussi importants que le sionisme, l’antisémitisme ou la seconde guerre mondiale. Si l’on veut éviter une troisième guerre mondiale il faudrait être plus sage; s’informer avant d’user de sa liberté d’expression. Cela dit, je considère Dieudonné comme un très bon humoriste car il me fait rire. Même quand il fait de la politique il est marrant. Ce que je trouve moins marrant c’est qu’il y a beaucoup de personnes qui le prennent au sérieux (autant du coté sioniste que du coté anti-sioniste) alors que lui même n’en a rien à foutre!

  3. le 30 août, 2013 à 1:05 Jean Koong écrit:

    @ Julien B
    A moins que je me trompe, votre commentaire suggère que Dieudonné est dans une démarche humoristique subtile qui finit par leurrer un peu tout le monde (y compris dans son camp), tandis qu’il comprend ce qu’est la liberté d’expression, mieux que le citoyen lambda abreuvé de télé, peut-être mieux que ses juges. C’est une grave erreur que de croire cela, c’est ce que Dieudonné veut que l’on croit, ce qui lui permet de faire passer tant bien que mal et malgré le goût affreux des messages qui, malheureusement pour lui, sont des ratiocinations haineuses, des constructions mentales proliférantes, biaisées, trouées, guidées par l’hostilité envers tout ce qui peut être qualifié de juif. Le Juif est le bouc-émissaire de la paranoïa dieudonnesque. Cet antisémitisme est apprécié par les personnes aussi peu sensées qui gravitent autour de l’humoriste au public extrémiste : Soral, Gouasmi, Skandrani, Poumier, Faurisson, Thion, etc. Ces gens-là ont beau être des « tordus », ils ont compris que Dieudonné est des leurs (selon eux, pas un tordu, mais un héros de la lutte contre le « puissant lobby »). Et je rappelle que la liberté d’expression, dans l’esprit de ses vrais défenseurs, s’entend avec des mots tels que limite, responsabilité et réflexion, pas avec des mots comme illimité, malveillance et passion ; ça, si on ne l’apprend pas en regardant la télé, on ne l’apprend pas non plus par les moyens utilisés par le pauvre Dieudonné.

  4. le 2 décembre, 2013 à 1:55 DieuReprend écrit:

    @ Jean Koong
    Merci pour ce nécessaire travail de synthèse…

    @ Julien B
    1) La liberté d’expression ne consiste pas à pouvoir dire n’importe quoi… les amalgames, les accusations sans fondements, les odieux mensonges, les insultes d’une vulgarité infinie et les menaces à peine voilées n’entrent pas dans la catégorie de discours protégée par la liberté d’expression.

    2) « politique du spectacle » ? C’est pourtant exactement ce que fait Dieudonné ! Il fait de la politique un obscène spectacle (Faurisson au Zénith ! Quelle honte !)

    3) »très bon humoriste car il me fait rire » : le fait qu’il TE fasse rire ne prouve pas que Dieudonné est un très bon humoriste… personnellement, il ne m’a JAMAIS fait rire ! Je l’ai toujours trouvé très mauvais (même avec Élie Semoun qui n’est pas très bon non plus) : jeu d’acteur nullissime, blague au raz des pâquerettes… Je n’ai jamais compris l’engouement pour ce duo.

Laisser un commentaire

memoiresdinconnu |
sanaurel |
Rencontrer sur meetic |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | jevoushaimetous
| philomélimomo
| L.A.L.M SERVICE